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ENFANCE, CULTURE, MUSIQUE & PEDAGOGIE

Spectacles

chroniques de Cristina Agosti-Gherban


Archives : 2024 / 2025


Boom
pièce visuelle pour une interprète et 72 cubes
par la Cie Les Deux Rives

Boom, pièce visuelle pour une interprète et 72 cubes Boom, pièce visuelle pour une interprète et 72 cubes

droits image - © Eric Chevalier

Cette pièce nous entraîne de surprise en émerveillement.

Avant même l’entrée dans le spectacle, les enfants sont invités à investir un espace où des carrés disposés au sol accueillent des cubes. Ils construisent librement, à leur rythme, jusqu’au moment de quitter cet espace pour entrer dans la salle, ou plutôt dans une tente. Un lieu intime, fait de voilages et de petits bancs, qui instaure immédiatement une atmosphère douce et enveloppante.

Dans l’espace scénique, des cubes. Un grand cube d’abord, dans lequel l’interprète entre, se cache, puis fait apparaître et disparaître bras et jambes. D’autres cubes prennent vie, semblent défier la gravité, pour la plus grande joie des enfants qui rient à gorge déployée. Un personnage à tête de cube joue, manipule, puis disparaît derrière des voilages qui se déploient et deviennent des nuages, s’envolant au gré du vent. Des projections de cubes apparaissent sur ces voiles, que les enfants tentent d’attraper, comme pour prolonger la magie.

Peu à peu, le calme s’installe. Le personnage enlève sa tête de cube : « elle est devenue normale », disent les enfants. Tout doucement, elle se déplace et leur fait signe de venir chercher un cube rouge, avec lequel ils iront jouer dans la salle attenante.

Durant tout le spectacle, pas un mot n’a été prononcé. Et c’est précisément là que l’on réalise combien on peut aisément s’en passer. De la poésie à l’état pur.

Conception et mise en scène :
Claire Petit et Sylvain Desplagnes
Scénographie et Lumière :
Sylvain Desplagnes
Interprète marionnettiste :
Cécile Vitrant, Virginie Gaillard ou Cécile Doutey
Manipulation:
Yolande Barakrok ou Claire Petit ou JulietteBelliard
Univers sonore :
Manu Deligne
Vidéo :
François Blondel
Costume:
Céline Deloche

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La MiFa - Lady Do et Monsieur Papa

Avec La MiFa, Lady Do et Monsieur Papa reviennent sur scène avec un concert électro-pop chaleureux et profondément touchant, pensé pour les enfants à partir de 3 ans et tout autant pour les adultes qui les accompagnent. En 45 minutes, le duo devenu trio nous invite dans une bulle musicale joyeuse et délicate, portée par quinze nouvelles chansons jouées en vrai, avec un son ample et vivant.

Sur scène, le piano mène la danse, entouré de guitares, claviers, ukulélé et de la batterie d’Éric Perez, énergie joyeusement débordante qui électrise l’ensemble. Les chansons parlent de l’enfance qui grandit : les amitiés, les premières grandes questions, les petites hontes et les grands réconforts. Les textes, tendres et drôles, laissent affleurer une nostalgie bienveillante qui touche juste.

La scénographie crée un véritable cocon, un intérieur doux et rassurant où chaque geste, chaque regard compte. On ne sait pas si l’on est chez eux, chez une grand-mère ou dans un lieu rêvé, mais on s’y sent en famille. La MiFa est un moment à partager, une parenthèse musicale à hauteur d’enfants qui fait sourire, vibrer, et parfois même un peu pleurer.

Dorothée Daniel : Chant – Piano – Guitare – Clavier
Frédéric Feugas : Chant – Piano – Ukulélé électrique – Clavier
Eric Perez : Batterie – Voix – Guitare

Mise en scène : Audrey Bonnefoy Scénographie : Marine Dubois
Création lumières : Emmanuelle Phelippeau-Viallard

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Le Murmure des songes, Cie Accrorap

Le Murmure des songes, Cie Accrorap Le Murmure des songes, Cie Accrorap

droits image : ©Benoite-Fanton

Il y a cet instant fragile où la lumière s’éteint, où le monde réel se fissure doucement. C’est précisément là que Kader Attou nous attend. Le Murmure des songes ne raconte pas une histoire : il ravive un état. Celui de l’enfance quand, allongé dans le noir, l’imaginaire se met à chuchoter plus fort que la peur.

Grande figure du hip-hop contemporain, Attou délaisse ici toute démonstration pour ciseler une danse de la délicatesse. Son écriture chorégraphique, souple et ondulante, semble flotter entre deux mondes : celui du corps maîtrisé et celui des visions qui surgissent malgré nous. Quatre danseurs explorent ce territoire instable, peuplé de créatures marines, de monstres familiers et d’étoiles filantes, comme autant de fragments d’un rêve partagé.

Le dispositif scénique joue un rôle essentiel dans cette traversée. Un voile, des images projetées, une lumière tamisée : les murs de la chambre d’enfance s’écartent pour laisser place à un paysage onirique, à la fois aquatique et aérien. Les collaborations avec l’illustratrice Jessie Désolée tissent une matière visuelle mouvante, tandis que la musique de Régis Baillet enveloppe l’ensemble d’une étrangeté douce, plus apaisante qu’inquiétante.

La danse garde la mémoire du hip-hop : élasticité des corps, ruptures, glissements, envols soudains. Mais ici, les gestes semblent animés par une nostalgie ludique, comme si chaque mouvement cherchait à apprivoiser le noir plutôt qu’à le fuir. Les peurs enfantines ne sont jamais niées ; elles sont transformées, mises en jeu, jusqu’à devenir des partenaires de danse.

Pensé comme un rituel précédant l’endormissement, Le Murmure des songes s’adresse aux plus jeunes autant qu’aux adultes. Les premiers s’y reconnaissent immédiatement, les seconds retrouvent ce territoire oublié où l’on n’a pas encore renoncé à croire aux monstres sous le lit. Et lorsque Kader Attou apparaît lui-même en fin de parcours, le message devient limpide : on ne quitte jamais vraiment l’enfance, on apprend seulement à la faire danser autrement.

Dans une salle comble, peuplée de nombreux enfants, on n’entendait plus que les respirations, parfois quelques rires. Un moment de grâce.

Direction artistique et chorégraphique : Kader Attou
Scénographie : Kader Attou
Musique : Régis Baillet
Lumières : Cécile Giovansili-Vissière
Vidéo : Caroline Grastilleur
Accessoires : Oliver Borne
Illustration : Jessie Désolée
Interprétation :
Margaux Senechault, Ioulia Plotnikova, Artem Orlov, Kevin Mischel

PROCHAINES DATES

8, 9 janvier Aix-en-Provence, Pavillon Noir
18 janvier Suisse, Neufchâtel, Théâtre du Passage
22, 23 janvier Grasse, Théâtre
27 janvier Clichy, Espace 93
29, 30, 31 janvier Villejuif, Théâtre Romain Rolland
4, 5, 6 février Tulle, L’empreinte, Scène Nationale Brive Tulle
13 février Cachan, Théâtre Jacques Carat
15 février Champigny-sur-Marne, Théâtre Gérard-Philippe
27 février Châteaubernard, Le Castel
10, 11, 12, 13, 14 mars Saint-Etienne, La Comédie, Centre Dramatique National
17, 18 avril Espagne, Madrid, Teatros del Canal
9 mai Suisse, Vevey, Théâtre le Reflet
19, 20, 21, 22, 23 mai Beauvais, Théâtre du Beauvaisis, Scène Nationale
12 juin Bezons, Théâtre Paul Eluard

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site : accrorap


Marcher dans le vent, par la Cie en attendant...,
texte Denis Lachaud

Théâtre et musique à partir de 3 ans

marcher dans le vent marcher dans le vent

Dans une salle pleine d’enfants de 3 à 4 ans, nous avons découvert une histoire douce et poétique. Elle raconte le parcours d’une petite fille qui ne parle pas encore, qui s’amuse avec de minuscules arbres, lesquels grandissent peu à peu jusqu’à envahir tout l’espace.

La comédienne ponctue son jeu de quelques passages en gromelot, déclenchant les rires spontanés et ravis du jeune public.

Porté par une création sonore et musicale sur mesure, le spectacle ressemble à une succession de tableaux en mouvement, diffusant une poésie délicate qui célèbre la beauté de la nature, source d’inspiration graphique inépuisable.

Le décor, simple mais coloré et joyeux, accompagne à merveille l’ensemble.

Seul bémol : de nombreuses scènes se déroulent en bord de plateau. Les enfants devaient alors se lever pour apercevoir l’action, ce qui gênait la visibilité de ceux installés derrière eux.

Jean-Philippe Naas, mise en scène
Hoël·le Beauchard de Luca, Claire Monot, interprétation
Céline Pérrigon, scénographie
Julie Rey création musicale

Prochaine représentations :

2 au 9 décembre : Théâtre + cinéma Scène Nationale -Narbonne (11)
20 et 21 janvier : Théâtre de la Nacelle - Aubergenville  (78)
27février : Espace Mendès France - Quetigny (21)
11 à 13 mars : L'Espace 600 - Grenoble (38)

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compagnie-en-attendant


AUTO, par la Compagnie Tsara

Théâtre d'objet /Danse/Musique

Texte Jacques Rebotier, Christophe Tarkos

Dès 6 ans

AUTO, par la Compagnie Tsara AUTO, par la Compagnie Tsara AUTO, par la Compagnie Tsara AUTO, par la Compagnie Tsara

Images : @Aurelia Ivan

Surprise et émerveillement : voilà ce que réserve ce duo improbable, composé d’une chanteuse lyrique et d’une danseuse acrobate. Le spectacle se déploie en petites scènes où le thème de la voiture se glisse subtilement, comme un fil conducteur mystérieux.

La chanteuse passe du chant lyrique à la scansion, puis déclame des textes légèrement surréalistes, tandis que la danseuse défie la gravité avec des exploits et des métamorphoses qui captivent le public. La musique électronique, minimaliste et jouée en direct, enveloppe l’ensemble d’une ambiance poétique.

Pendant toute la représentation, le spectateur devient co‑créateur de l’histoire, laissant libre cours à son imagination. Une expérience originale et surprenante.

Aurelia Ivan mise en scène
Anna Chirescu chorégraphie, danse
Margaux Loire soprano lyrique 
Sallahdyn Khatir espace et création lumière 
Grégory Joubert création musicale et musique électronique live
  Dalila Khatir travail vocal 
Cécile Gacon création costume 
Volodia Piotrovitch d’Orlik collaboration dramaturgie 
Lucie Laporte stagiaire scénographie

Au Théâtre Dunois jusqu’au 11 octobre

theatredunois